Mettre fin à des relations à sens unique

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Et soudainement, on en prend conscience.

Ça nous frappe en plein visage, comme une bourrasque qu’on n’a pas vu venir.

On ne comprend pas toujours notre malaise, ce sentiment d’être mis de côté, oublié et sans intérêt : nous entretenons des relations à sens unique. Et pire que ça, nous leur donnons beaucoup d’importance dans notre Vie. Nous leur faisons de la place, nous leur laissons de l’espace en souhaitant qu’elles en prennent. Et si ces relations n’agissent pas, nous revenons à la charge en faisant de grands signes, nous envoyons des alertes, époussetons, nettoyons, et lavons pour que ce soit beau et accueillant. Et si ces relations n’entrent pas chez-nous, nous cognons chez-elles. Et s’il n’y a pas de réponse, nous laissons un mot sur la porte, un message quelque part…

Et pendant ce temps, certaines relations n’aboutissent à rien, finissent par s’effriter et être blessantes beaucoup plus que stimulantes et riches de contenu. Rares sont les personnes qui osent dire les raisons de ce manque d’intérêt. Elles préfèrent prétendre manquer de temps, elles restent vagues sur leur engagement, oublient que le mot « vu », suivie de l’heure, indique que le message a été lu.

La sagesse d’une franchise assumée et exprimée est beaucoup plus appréciée que la lâcheté d’un silence qui demeure beaucoup plus malfaisant que la vérité.

Ma réflexion est courte parce qu’elle a mûri depuis longtemps déjà. Je suis dans le gros ménage du printemps. Ce que j’époussette, ce sont mes propres étagères. J’enlève la poussière que je laisse sortir par la porte d’en arrière pour qu’à l’entrée, tout soit prêt à recevoir l’authentique qui a le temps et le désir de prendre ce temps…

Stéphane Castellon

Pour toujours et à jamais ? (témoignage d’un célibataire)

 

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Ça fera bientôt quatorze ans que je suis célibataire. Encore un peu et je pourrai célébrer le contraire des noces de cristal.

Selon un article que j’ai lu, plus longtemps on est célibataire, meilleure sera la prochaine relation. Ça pourrait bien être la bonne…pour toujours. On y écrit aussi que d’être seul longtemps est le meilleur moyen d’apprendre à se connaître et à évoluer.

Pendant toutes ces années, j’ai fait le tour de mon jardin bien souvent et de plusieurs manières. Certains arbres ont eu le temps de fleurir, mourir et renaître plus d’une fois. Les fleurs se sont fanées, ont perdu de leur couleur, ont fleuri de nouveau et certaines sont mortes à jamais. J’ai construit des clôtures autour de mon jardin que j’ai gardé secret amèrement, parfois. J’ai érigé quelques barricades à certaines façades pour me protéger des vents et des tempêtes (et aussi pour regarder mes émissions de télé préférées sans me faire déranger…ah ah ah !). Mais les portes de fer forgé, je les ai toujours gardées ouvertes, prêt à recevoir la visite. Certains sont entrés, visitant mes plates-bandes et s’invitant sans gêne dans ma solitude et ressortant discrètement. Souvent sans rien dire…Quelques hommes perdus dans leur recherche d’eux-mêmes, pas satisfaits, peut-être, de leur Vie affective, ont testé leurs désirs et leur attirance avec moi. Ils ont laissé des traces de blessures difficiles à guérir aujourd’hui. Heureusement que mes barricades tiennent toujours en place.

Oui, je veux bien avoir un partenaire de Vie. J’y tiens ! Quand j’étais plus jeune, je rêvais de Mariage, d’Union, de Princes et de Chevaux blancs. Je rêvais même d’avoir des enfants. J’y rêve encore…Mais je ne sais plus s’il y a de la place. Je ne sais pas comment faire. Je laisse un côté du lit libre et la table de chevet, vide. On ne sait jamais quand l’Amour en aura besoin.

Je suis bien seul. Bien avec moi. Mais je suis devenu courageux de l’être par la force des choses, comme si la Vie ne répondait pas tout à fait à mes attentes, à mes désirs et que je n’avais pas eu le choix d’apprendre cet amour propre. J’ai l’envie d’une relation à deux. C’est très fort en moi, surtout maintenant que de nouvelles fleurs naissent et que les arbres reprennent Vie. J’ai des amis, heureusement, mais leur présence est rare (ils sont en couple, eux, et ils ont des enfants… !!!). J’ai une famille merveilleuse et présente, quel privilège !! Mais ça ne fait pas des relations amoureuses et sexuelles, ça, une famille..hi hi !

J’avais envie de crier mon désir d’être en couple et qui sait, d’avoir au moins un enfant. Ça me ferait un projet à long terme…Mais peut-être qu’il est trop tard, peut-être que je resterai célibataire pour toujours et à jamais.

Peut-être que le Prince, je le croise chaque jour depuis quatorze ans et que je ne le vois pas parce que je suis trop occupé à jardiner…

Mes relations : au cœur de ma raison d’être

 

Ma mère m’a souvent raconté que lorsque j’étais enfant et qu’elle me demandait d’inviter des amis à la maison (parce qu’elle avait l’impression que seul, je m’ennuyais), je lui répondais : « Ah non ! Il faut toujours leur offrir du jus et des biscuits ! » . Je préférais me satisfaire de mes lectures, de mes rêveries et de mes créations d’enfant qui me satisfaisaient davantage…

Je n’avais visiblement aucun intérêt à m’occuper de ces amis…ah ah ah !

Aujourd’hui, bien qu’étant de nature accueillante, que je suis en mesure de recevoir de manière spectaculaire et avec beaucoup de goût et d’attention, avec les années, la qualité plus que la quantité de mes relations est devenue de plus en plus importante. N’offrir que du jus et des biscuits n’est plus d’aucun intérêt.

Et je me détache aisément de ces relations…

J’ai longtemps pensé que je n’étais pas apte à être en relation et qu’il était difficile pour moi d’aller vers des inconnus et d’entrer en contact avec eux, naturellement et le plus authentiquement possible. Avec le temps, j’ai compris que mon humour, ma façon de raconter les choses, mon hyper-sensibilité et mon désir de partager avec l’autre sont à la source même de mes rencontres et que c’est là que je m’y retrouve et que je suis heureux…

Quand il n’y a pas de partage, d’échange et que tout ne vient que d’un sens, que ce soit du mien ou celui de l’autre, je m’y perds, m’y ennuies et je ne pense qu’à une chose : retourner chez-moi, blottie dans mon univers à manger seul mes biscuits…

Être en présence de personnes qui ne font que se raconter, qui étalent leur savoir, leurs faits et gestes et qui n’entendent rien des bruits de la nature et des oiseaux qui gazouillent autour d’eux, je n’y arrive plus. Je n’ai plus ce besoin, comme avant ou comme la majorité des gens qui s’évadent et s’étourdissent dans tout ce bruit.

Nous en avons suffisamment avec les réseaux sociaux.

Ne vous méprenez pas. Je vous aime ! ah ah ah ! J’aime l’humain dans toute sa grandeur et sa splendeur. Mais le vide ne m’intéresse plus. Je cherche le vrai, l’authentique, le riche, le nourrissant et la grandeur des âmes. Le superficiel n’est plus pour moi. J’aime rire, échanger, connaître l’autre dans ce qu’il est (PAS ce qu’il fait) et partager des sentiments, des émotions, de l’authentique et beaucoup d’amour, dans toutes ses formes…

J’aime savoir comment tu te sens !!!

Je n’ai que très peu d’amis (ies). Mais ceux et celles que j’ai, ceux et celles avec qui je partage de grands morceaux de ma Vie sont vrais (es), authentiques, savoureux (ses), colorés (ées) et totalement présents (tes) à ce qu’ils (elles) sont…Ils et elles ne fuient pas leur vérité et c’est ce que j’apprécie le plus…

Cela dit, je fais de bons biscuits et ça, c’est parce que j’ai envie qu’ensemble, on savoure la Vie…

Vole, noeud papillon ! VOLE !

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En 1994, je suis entré pour la première fois dans un restaurant dans le but d’y travailler. Je venais de m’établir à Montréal après un séjour de trois mois au Mexique que j’avais fait quelque temps auparavant. J’entrais dans ce resto avec la forte envie de devenir serveur. Je n’avais aucune expérience. Vraiment aucune. Je ne savais même pas par quoi il fallait commencer quand on servait un client. Mais je m’étais dit que puisque j’allais moi-même manger au resto à l’occasion, je n’avais qu’à faire la même chose que ceux qui me servaient. Et j’ai été engagé. J’ai commencé le lendemain. Après trois jours de formation (on m’avait dit deux semaines !!!!!), on m’assignait ma section et voilà, je commençais ma carrière de serveur.

À l’époque, j’étais entré dans ce métier « en attendant ». Je me disais, avec toute la fougue de ma vingtaine, que ma carrière de comédien et d’animateur était sur le point d’exploser de toute façon et que ce job était pour m’aider à me rendre jusqu’à mon but…dans quelques mois…

J’ai célébré mes vingt ans de carrière en 2014. Oui, vingt ans à avoir été serveur, toujours en attendant qu’il se passe autre chose. Au travers les désirs, les rêves, les auditions manquées, les rôles ici et là, la figuration dans de grosses productions américaines, la troupe de théâtre que j’ai mis sur pieds, les court-métrages non rémunérés, les refus que je ne compte plus et toutes les autres jobs, j’ai servi des milliers de personnes. J’ai même été dans les meilleures vendeurs dans l’un des restos où j’ai travaillé : $250 000 de vente en un an. Pas pire hein ? Ouais ! Vraiment pas pire ! Mais ça n’a tellement aucune importance pour moi…

Vingt ans plus tard, j’attends encore. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, de m’être battu, d’avoir manqué des jours de travail pour des tournages qui m’apportaient définitivement plus de plaisir que les centaines de dollars que je pouvais faire en vendant des « pétates » et de la bière à profusion. Vingt ans à attendre pendant que je regardais certains de mes collègues réussir dans des métiers qui leur plaisaient vraiment et pour certains, dans ce même métier que je chérissais tant et qui , peut-être, est aussi entrain de m’attendre…

Voilà que cette année, pour célébrer mes vingt ans de service, j’ai choisi de ne plus faire ça. J’arrête pour de bon ! J’ai tout essayé pour trouver du réconfort dans ce monde magnifique qu’est la restauration. J’ai changé de restaurant, je suis devenu gérant, j’ai servi pour des banquets, des événements spéciaux, des partys privés et non, y a plus rien qui m’attire. Pas même l’argent. J’ai fait le tour plusieurs fois. Et surtout, je réalise que mon petit cerveau pense que lui et moi, nous sommes toujours entrain d’attendre. Et c’est le cas.

Je sais très bien que pour faire de la place, on doit aussi faire du ménage, faire le vide. Je le fais dans mes tiroirs, pourquoi pas dans ma Vie professionnelle ? J’ai vécu de bien belles années à faire ce métier. J’ai fait de belles rencontres, je m’y suis amusé comme un enfant, j’ai dépassé des limites et j’avais, malgré tout, un public à divertir.

Mais aujourd’hui, je dis : vole nœud papillon ! vole ! Et vole comme tu n’as jamais volé avant…

BALNEA, mon amour !

Photos BALNEA mon amourChoisir de partir seul, un jeudi matin, direction Bromont, avec pour objectif de prendre du temps pour moi, me retrouver. Je dois dire que je me sentais légèrement inconfortable à l’idée de passer cette journée (et la nuit – je vous en parle plus bas) dans un endroit inconnu, loin de mon nid douillet et rassurant et surtout, sans trop savoir de quoi serait composée la journée. Que voulez-vous, j’y suis fragile ! Mais au travers tout ça, une grande excitation traversait mon corps jusqu’à sortir les plus belles chansons de ma bouche sur le chemin vers Bromont : je prenais ENFIN du temps pour moi !

La route était belle et calme et le soleil étant de l’escapade, je ne pouvais que mieux savourer chaque instant qui me menait vers mon paradis. Je souhaitais justement trouver un rayon de soleil à mettre dans mon jardin où les fleurs tardent à pousser…

Et je suis arrivé au Spa BALNEA.

L’accueil a été spontanément réconfortant, ce dont j’avais besoin à ce moment précis. Le charmant David m’a fait visiter les lieux, m’expliquant chaque détail de chaque emplacement et surtout, il le faisait d’une voix douce et calme…C’était ben l’fun ça aussi !!!

Juché en flan de montagne, en plein cœur des Cantons-de-l’est et surplombant une réserve naturelle digne des cartes postales, il m’a fallu me rappeler souvent que ce que je voyais de mon bain à remous était bel et bien réel et à plusieurs reprises, je me suis surpris à dire à voix haute : « Esti que chu ben !!! ». Et oui, j’étais très bien. Très calme, très déposé dans l’instant présent, allant d’un endroit à l’autre sans trop me poser de questions et savourant chaque aspect des différents aires de repos. Franchement, je ne comprends pas encore pourquoi je passe autant de temps ailleurs que dans un spa !!!! Ce n’est qu’après plusieurs saucettes et plusieurs moments de repos que j’ai décidé de quitter, à mon grand regret, vers 17h30. Mais j’aurais pu rester encore…

J’avais aussi réservé une chambre à l’Auberge Nuit St-Georges, situé à dix minutes du BALNEA. Encore là, je ne savais pas trop de quoi aurait l’air l’endroit. Et j’y suis arrivé vers 18h. Une charmante dame, la propriétaire, m’a accueilli comme si j’étais son neveu en visite chez elle. Elle m’a fait visiter sa maison et présenter ma chambre. J’étais seul avec un couple dans toute la maison. C’était le calme totale. Après être allé souper au restaurant Les David et Goliath, je me suis empressé de revenir vers mon domicile temporaire pour enfiler mon linge mou et me prélasser dans l’immense salon commun (mais où j’étais seul) devant un feu de foyer. À plusieurs reprises, je me suis assoupie. Mon bien être n’avait aucune retenue. Il savourait tout…

La nuit a été trop courte parce que particulièrement savoureuse et réparatrice. J’y serais demeuré encore un peu. Mais l’odeur du petit déjeuner préparé par ma tante adoptive se faisait sentir jusque dans ma chambre. Et après un « vous avez bien dormi ? » (oui, c’est une tante qui vouvoie…), la propriétaire-cuisinière m’a proposé un jus d’orange, des fruits, du yogourt et..du pain doré !!!! Ah ben là ! Bout d’viarge ! C’est le summum du bien être !!!!! Mais non, en plus, elle m’a offert un petit pot de caramel maison…Le boutte du boutte, j’te dis !!!!

C’est mon amie Isabelle Laguë qui m’a offert mon escapade au BALNEA. Et je le précise parce que sans le savoir, c’est comme si en me poussant à prendre ce temps pour moi, elle me poussait aussi dans les bras d’un prince charmant qui m’accueillait de toute sa tendresse. C’est comme si elle m’avait aider à comprendre que ce temps que je prendrais pour moi, me permettrait aussi de tomber en amour avec moi-même, avec une partie de moi que j’ai mis de côté durant trop d’années…Je suis devenu soudainement amoureux de tout ce qui se présentait à moi, même de moi…

Je souhaitais trouver un rayon de soleil à mettre dans mon quotidien et revenir avec.

J’ai trouvé le soleil en entier. J’ai même vu une fleur commencer à naître…

C’est le début d’un temps nouveau…

Stéphane

Liens pour une escapade au Paradis :

www.balnea.ca

www.auberge-georges.com

www.lesdavidetgoliath.com

L’amour en héritage…


C’est mon anniversaire de naissance aujourd’hui, le 16 décembre. Et c’est sans doute vers moi que seront dirigés les souhaits. On me dira sûrement de passer une belle journée, de me gâter un peu et de profiter de cette journée magnifique qui souligne ma naissance. On m’offrira des cadeaux pour me dire qu’on m’aime et qu’on pense à moi. Je recevrai peut-être une carte par la poste…J’aime bien y croire encore ! On sera gentil avec moi. Par respect…C’est quand-même ma fête ! hi hi !!! C’est ce qu’on fait habituellement…

Et tout ça sera apprécié, évidemment.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de rendre hommage à mes parents. Je souligne leur courage, leur détermination et le grand amour avec lequel ils ont choisi de donner la Vie. Ils auront eu trois enfants. Ma sœur Dany que je n’ai jamais connue parce qu’elle est parti quelques heures après son arrivée, mon frère Antoine, qui est venu remplir d’amour les cœurs fragiles de nos parents et moi, quelques années plus tard qui est venu terminer la famille.

Mes parents me laissent chaque jour un héritage énorme : L’Amour et l’Acceptation ! Au travers les erreurs de parcours, les chemins moins fréquentables que j’ai empruntés parfois, mes mauvais choix, mes réussites, mes échecs, mes relations infructueuses, mon manque de jugement, ma différence, mes forces, mes faiblesses, mes talents, mes doutes et mes envies de fuir, bien souvent, ils sont toujours là, totalement présents. Et toujours aussi aimants, accueillants.

C’est vers eux que se tournent mes souhaits et ma reconnaissance aujourd’hui parce que toute leur Vie a été et est encore une offrande dirigée vers moi, vers nous. Mon frère et moi recevons chaque jour une partie de leur amour, de leur tendresse, leur écoute et leur présence.
Chaque jour sans exception !!!

J’oublie souvent qu’ils n’ont plus 50 ans et que parfois, la fatigue et le désir d’avoir la paix les rattrapent. J’oublie que mes soucis peuvent ne pas leur plaire. Mais je sais avec certitude qu’un repas, un lit chaud, une accolade, des fleurs semées un peu partout dans leur jardin et leur amour seront toujours derrière la porte entre-ouverte de leur cœur…

Je vous présente mes parents : Francine et Antoine

Je vous aime !

Stéphane

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Je ne sais pas aimer…( !!?!!)…

©Stéphane Castellon 2008

©Stéphane Castellon 2008

Comment on fait pour aimer correctement ? De la bonne façon ? Sans que l’amour soit trop lourd ? Trop présent ? Comment on sait quelle dose y mettre et à quel moment pour que l’autre ne se sente ni envahi ni délaissé par cet amour…Comment on fait tout ça ? Est-ce qu’on suit nos pulsions…jusqu’à déranger l’amour de l’autre ? Est-ce que ces pulsions nous jouent des tours, parfois, et nous aveuglent au point où elles ne savent plus où donner du cœur ? Comment on sait tout ça ? Comment savoir si le regard de l’aimé est tourné vers nous ou dans son propre cœur ? Comment comprendre les gestes maladroits qui dénotent, il me semble, une excitation ou la gêne ? Ou l’envie de ne pas être là…Comment détecter tout ça le plus objectivement possible quand on est amoureux, qu’on tremble, qu’on ne respire presque plus ?

J’aurai 47 ans bientôt. Je n’ai toujours pas de réponse. Et pire : je réalise que je ne sais pas aimer. Je n’ai pas d’expérience. Je manque de pratique et de comparaisons…

Je sais cuisiner des plats savoureux, diriger des équipes de productions avec brio, créer des décors de rêve, faire rire à en perdre le souffle, émouvoir en chantant, divertir les plus ténébreux, raconter des histoires captivantes, m’émouvoir devant les enfants, mais aimer, ça, je ne sais pas…Je n’y arrive pas. Je tombe amoureux d’amours désengagés qui fuient l’engagement comme le pire des cauchemars. Je donne de l’importance à des amours improbables et qui pourtant, au premier regard, semblaient voués à l’extase…

Je ne sais pas aimer…Je ne comprends pas l’amour. Ça ressemble à une partie d’échecs (dont je ne sais pas jouer d’ailleurs), compliquée et stratégique. C’est ça l’amour ? Stratégique ? Compliqué ? Non ! Dites-moi que j’ai tort ! Dites-moi que j’ai tort !!! Ça ne peut pas être ça l’amour…

Et je me dis aussi que ces amours instables et peureux, je les croise peut-être pour me permettre de comprendre le désengagement que j’ai envers mon propre amour. Peut-être que le jour où j’aurai compris que l’amour que je me porte peut aussi être bon et satisfaisant, je trouverai quelqu’un qui l’accueillera tel qu’il est, sans détour, sans artifice, sans stratégie…