COMMENT ÉTAIS-TU, IL Y A UN AN, À PAREILLE DATE ?

Il y a un an… où étais-tu ?
Quelles étaient tes peurs, tes projets, tes rêves ?
Y a-t-il des personnes qui ont quitté ta vie depuis ? D’autres qui sont arrivées et qui l’ont changée ?

Et toi, as-tu changé ?
Physiquement ? Mentalement ?
As-tu déménagé, changé d’emploi, pris un nouveau chemin ?
Ou, au contraire, est-ce que tout est resté pareil ?

Il y a un an, j’habitais au même endroit.
Je travaillais au même endroit.
Je faisais les mêmes choses : la même épicerie, le même dessert qui me console, les mêmes séries télé.
Et, à première vue, j’aurais envie de dire : ma vie n’a pas tellement changé.

Oui, j’ai tissé de nouveaux liens avec des entreprises d’ici. Oui, j’ai rencontré des gens inspirants qui m’ont ouvert de petites portes. D’autres sont partis. Mais au fond de moi, j’ai parfois l’impression d’être resté immobile… comme si tout s’était figé.

Et ce constat me dérange.
Parce que je sais que je porte en moi mille rêves, mille projets, mille versions de moi qui n’attendent qu’à éclore.

Alors je me demande :
Est-ce que le changement se mesure seulement aux grandes choses visibles — un déménagement, l’abandon de certains rêves, un nouvel emploi, une nouvelle relation ?
Ou est-ce qu’il se cache aussi dans l’invisible — les idées qu’on sème, les liens qu’on construit doucement, les prises de conscience silencieuses ?

Peut-être que rester “au même endroit” n’est pas synonyme de stagnation, mais d’enracinement.
Peut-être que mes racines se préparent en secret à nourrir une nouvelle croissance.

Et toi…
Il y a un an, où étais-tu ?
Qu’as-tu perdu, gagné, appris depuis ?
Et surtout, comment te sens-tu avec ça aujourd’hui ?

Parce qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Parfois, rester stable, c’est une victoire.
Parfois, bouger, c’est une renaissance.

Moi, il y a un an, j’avais des rêves encore à l’étape de l’ébauche.
J’ai lancé mon entreprise qui m’attend toujours pour éclore.
Je doutais de moi pour faire un certain choix : je viens de le faire dernièrement.

Aujourd’hui, je regarde ce chemin, et même si tout n’est pas parfait, je me rends compte que ce temps de « pause » m’a permis de voyager en moi davantage.

Et c’est un an plus tard que la tempête fait rage.
Que la tornade tourbillonne si fort que mon corps a peine à suivre.
Mais mon cœur, lui, sait que c’est pour le mieux.
C’est l’heure du grand ménage.

Et si la tornade secoue tout aujourd’hui, c’est peut-être simplement pour laisser apparaître un ciel plus clair demain.

Alors je te pose encore la question :
👉 Comment étais-tu, il y a un an, à pareille date ?
Et surtout… comment te sens-tu avec ça aujourd’hui ?

Stéphane Castellon

Ces adieux qu’on ne choisit pas

Il y a des adieux qui sont faciles. Comme dire bye bye à un vieux sofa défoncé qui grince à chaque fois qu’on s’assoit dessus. Ou encore à un plat de brocoli vapeur qui n’aurait jamais dû exister.

Mais il y a aussi des adieux qu’on ne choisit pas. Ceux que la Vie décide pour nous. Ceux qu’on n’a pas demandés, mais qu’on doit avaler comme une mauvaise pilule sans eau.

Moi, en ce moment, je suis en plein dedans. Ces adieux-là.


Les deuils invisibles

On parle souvent des deuils « officiels » : une personne qu’on perd, un travail qu’on quitte, une maison qu’on vend. Mais il existe aussi d’autres deuils, plus silencieux, plus invisibles, ceux dont on ne fait pas toujours le debrief autour d’un café.

Il y a mes relations amoureuses qui n’ont pas tenu et surtout jamais vu le jour. Mes rêves de carrière d’acteur et de chanteur qui n’ont pas eu l’écho que j’aurais voulu. Le fait de ne pas avoir eu d’enfants, même si je sais que j’aurais eu assez d’histoires et de chansons pour les endormir chaque soir.

Et puis, tous ces rêves laissés de côté… qui me regardent encore du coin de l’œil, comme pour me dire : « Hey, t’avais pas promis de nous réaliser ? »

C’est tout ça que je ressens aujourd’hui. Un beau cocktail d’émotions : nostalgie, tristesse, colère, honte, tendresse, et parfois une pointe de jalousie en regardant la Vie des autres. (Oui, j’avoue, Instagram ne m’aide pas dans ces moments-là.)


L’humour comme bouée de sauvetage

Heureusement, j’ai un réflexe qui me sauve : l’humour. Même dans les adieux.

Parfois, j’ai l’impression que ma Vie ressemble à un mauvais montage de film :

  • Mes meilleures scènes ont été coupées (et souvent pour vrai…).
  • Mes répliques les plus drôles sont passées sous silence.
  • Et le réalisateur est parti prendre un café sans jamais revenir.

Rire de ça, c’est ma façon de ne pas me laisser couler. Parce que si je m’écoutais, je pourrais facilement tomber dans un drame digne de Radio-Canada, avec violons et gros plans en noir et blanc. Et abandonner tous mes rêves pour suivre le courant…Mais je ne suis pas fait comme ça…


Les leçons derrière les au revoir

En même temps, quand je regarde derrière moi, je vois que certains adieux m’ont fait grandir.

La fin de certaines relations, par exemple. Oui, ça a fait mal. Mais ça m’a aussi forcé à me recentrer, à mieux comprendre qui je suis et ce que je veux… et surtout ce que je ne veux plus.

Chaque adieu porte une petite leçon cachée. Elle arrive rarement au moment où on en aurait eu besoin. Mais elle finit par se pointer, un peu en retard, comme une lettre qu’on croyait perdue mais qui finit par nous trouver.


Transformer les adieux en espace de renouveau

Je crois que c’est ça, au fond : dire adieu, même quand on ne veut pas, c’est une façon de faire de la place. De la place pour l’inattendu, pour l’imprévu, pour une nouvelle rencontre, une nouvelle aventure ou un rêve qui n’était pas encore sur le plan.

Alors oui, je fais des adieux à mes amours passées, à mes rêves inachevés, à certains désirs qui ne reviendront pas. Mais en même temps, je garde la conviction qu’il y a encore de belles surprises devant moi.

Et si je me connais bien, je n’ai pas fini d’être surpris par la Vie. Parce qu’elle a ce talent-là : me déstabiliser, me secouer, me rendre inconfortable, me faire sacrer un bon coup… mais aussi m’amener là où je ne pensais pas aller.

Peut-être qu’un jour, je dirai adieu à tous mes adieux. Mais entre-temps, j’apprends à vivre avec eux, à en rire, et à les transformer en tremplins.


👉 Et toi, quels adieux as-tu dû faire sans l’avoir choisi ?

Stéphane Castellon

Je ne suis pas facile d’approche

Je ne suis pas facile d’approche…

Depuis des années, je me bats contre mes démons intérieurs qui me disent que personne ne s’intéresse à moi. Certaines relations (tout genre confondu) me l’ont prouvé, disparaissant en laissant derrière elles de souffrantes traces. Non, je ne suis pas facile d’approche. Pas facile à aimer. J’ai même l’impression de ne pas être attirant et de repousser les autres. J’irais jusqu’à oser dire que je ne me sens pas souvent aimé. Je n’ai jamais consulté pour ça, mais je cherche à comprendre depuis longtemps les raisons qui me font sentir ainsi.

Quand j’étais enfant, je disais à ma mère qui me demandait pourquoi je n’invitais pas d’amis à la maison : « C’est trop compliqué, il faut toujours leur offrir du jus et des biscuits »

Venant de la bouche de l’enfant que j’étais, ça me fait sourire aujourd’hui, mais me fait comprendre aussi que ça vient de loin. Je n’étais pourtant pas un enfant confiné à la maison. Nous étions plusieurs cousins et cousines que je voyais fréquemment et à l’école, surtout au primaire, j’avais quelques amis.

C’est plutôt à l’âge adulte que tout ça s’est gâté.

Je prends le temps de l’écrire parce qu’aujourd’hui, j’en ai parlé pour une rare fois avec des collègues de travail qui m’ont effectivement confirmé qu’il est difficile de m’approcher. Mais j’en parle surtout pour m’en libérer. J’ai sans doute érigé au cours des années une armure qui me permettrait de ne pas souffrir. Mais ça m’a joué des tours. Cette armure me mène à des périodes d’isolement où je préfère (et de loin) me retrouver seul. Et c’est là qu’il y a de grandes contradictions en moi parce que pour dire vrai, j’aimerais mieux avoir de grands groupes d’amis et rencontrer toujours de nouvelles personnes. Mais même quelques-uns de mes amis proches semblent avoir oublier que je suis là. J’ai le sentiment de ne plus exister pour certains d’entre-eux, comme si je devais constamment rappeler ma présence dans leur Vie.

Je suis devenu indifférent, coupé de tout sentiment et plus aucun désir de m’impliquer dans quelque relation que ce soit : amicale, amoureuse ou professionnel. J’ai finis par me plaire à être seul et à trouver une façon de ne pas me sentir isoler dans mon isolement. J’ai aussi affirmé haut et fort que même être en couple n’était plus dans mes plans de Vie.

Et avec tout ça, je sais que je suis sympathique, aimable, drôle et doté d’un sens de la dérision qui rend mes rencontres agréables. Mais pour en arriver à faire connaître ces aspects de moi, j’ai un gros travail à faire avec la personne qui se trouve devant moi.

Mes réseaux sociaux me servent de semblant de Vie sociale. Si j’y partage et publies autant de photos, de réflexions et de Vie quotidienne, c’est bien parce que ma vraie Vie sociale est à chier…ha ha ha ! Sinon, je n’en aurais pas besoin, j’en suis convaincu.

Merci d’avoir pris le temps de lire jusqu’au bout. Je peux déjà affirmé que je sais que vous serez peu à le faire. J’intéresse pas grand monde…ha ha ha ! ( je l’ai dit que j’ai le sens de l’auto-dérision…). C’est pour m’aider à passer au travers que j’en parle ouvertement.

Ici, c’est gratuit. Bientôt, ça va me coûter $100 de l’heure.

Stéphane Castellon

Notre relation d’avant me manque…

C’est en faisant le ménage que j’ai enfin compris mon inconfort dans mes relations. 

Il n’a suffi que de quelques gouttes de savon, un peu de frottement avec vigueur pour que mon éponge me parle davantage que ma psy et que la saleté fasse place à la clarté.

Je ne suis pas inconfortable dans toutes mes relations. Je le suis avec celles dont la route s’est divisée. Celles qui avaient tant d’importance avant, tant de place dans mon espace vital, tant de Vie dans mon cœur. C’est difficile pour moi de les regarder de loin aujourd’hui. J’avais rencontré des personnes tellement extraordinaires, aimantes, à l’écoute. Présentes. Bienveillantes. Elles me manquent. 

Notre relation d’avant me manque…

J’ai tant aimé les jours où on se regardait dans les yeux pour vrai, qu’on riait, qu’on parlait de toi, de moi, des autres, de cette Vie qui nous faisait vibrer. Nous avions des grands et des petits projets ensemble qui m’ont toujours stimulé. Une marche en forêt, être assis à regarder un spectacle, à ne pas parler, à partager un repas, un café, une bouteille de vin, à chanter ensemble, à jouer de la musique, au théâtre, tout ça devenait un événement pour moi, juste parce que j’aimais être avec toi.

Je m’ennuie de ce que nous partagions avant. 

Nos joies, nos inquiétudes, nos réussites, nos échecs. 

Et nos secrets. 

Puis les jours se sont écoulés et nous avons espacé ces moments si précieux pour moi, comme s’ils n’avaient plus d’importance. Comme s’ils devenaient dérisoires. Comme s’il ne restait rien de ce que nous avions en commun et que notre complicité s’était brisée en deux, sans raison, juste comme ça.

Même le temps nous a joué un tour. Il nous a agacé, sournoisement, sans qu’on s’en rende compte. Il nous a mis à l’épreuve, nous a manqué, nous a fait faux bond, bien souvent. Et notre familiarité, celle qu’on avait créée ensemble, n’est pas passé au travers de ce temps qui nous a manqué si souvent. Mais le temps, qu’est-ce que c’est ? N’est-ce pas plutôt une raison de s’éloigner de l’autre sans dire la vérité ? N’est-ce pas plutôt que les priorités sont ailleurs, loin de cette relation qu’on chérissait tant avant ? Et qu’on n’ose pas dire ?

J’ai placé nos souvenirs dans un coin à oublis parce que je ne peux plus vivre avec. Le temps a fait ses ravages. L’espace entre avant et maintenant a laissé une fissure difficile à traverser pour moi maintenant. 

Je me suis détaché de nous. La sensation d’être abandonné, rejeté, sans importance, est devenue si présente, que de t’oublier est ma seule guérison. J’ai si souvent l’impression que tu penses que je n’existe plus. 

Il ne me reste plus grand-chose de notre relation…peut-être même, plus rien. Sauf quelques odeurs, l’espoir d’un retour, tes yeux, des sons, quelques rires que j’entends encore et des photos que je me plais à regarder parfois.

Tu m’as beaucoup manqué. Avant…

Mais pour moi aussi, les priorités ont changé. Les relations que j’ai en ce moment, celles avec qui je partage ma Vie, nos joies, nos inquiétudes, nos réussites, nos échecs, et nos secrets, sont celles qui rendent davantage les jours heureux, le futur un peu plus certain et le quotidien rempli d’espoir.

Et elles me font reprendre la route, en sachant que peut-être un jour, elle se divisera encore…

Es-tu fière/fier de toi ?

photographe : Chloé Juteau

On va se le dire, la dernière année a été particulière pour nous tous. Peut-être que comme moi et plusieurs autres, tu as voulu te renouveler, te retrouver ou découvrir des faces cachées de la meilleure version de qui tu es. Tu as sans doute fait le ménage de tes armoires, jeté quelques objets dont tu t’étais détaché depuis longtemps mais que tu t’acharnais à garder. Ton garage, tu l’as peut-être transformé en salle de jeu pour tes enfants. Tu sais peut-être maintenant faire du pain…

Peut-être que tu as quitté définitivement un emploi qui ne te plaisait plus après une mise à pied temporaire pour t’apercevoir que tu manquais à ta copine, ton copain, et que cet arrêt dans le temps vous a fait réaliser que depuis des années, vous aviez oublié de vous regarder dans les yeux. Vraiment. 

Peut-être que tu as choisi de penser à toi en premier, malgré les inconforts et les nouveaux regards posés sur toi et qu’enfin, tu l’as faite, cette « chose » que tu voulais faire depuis longtemps.

Tu as peut-être retrouvé d’anciennes passions, comme la course, la peinture ou la menuiserie et que maintenant, peu importe ce qui se passe autour, tu y accordes une priorité inébranlable parce que ça te procure du bonheur et de la reconnaissance envers toi-même. 

Malgré les autres responsabilités, cette passion est peut-être là pour rester.

Tu as peut-être mis fin à certaines relations pour faire place à de nouvelles qui viennent changer le sens que tu donnais aux anciennes en réalisant que depuis un bout de temps, ça n’allait plus entre vous. Tu as peut-être aussi compris que celles qui sont déjà là conviennent parfaitement à ta personnalité.

Tu as peut-être choisi de ne plus voir la Vie comme une menace mais plutôt une alliée et un privilège de pouvoir encore la savourer.

Il y a peut-être une nouvelle route qui se dessine devant toi et pour la première fois, tu n’as pas peur de t’y aventurer parce que tu as compris que la Vie peut ne tenir qu’à un fil et qu’il est peut-être temps de prendre le temps de la vivre cette Vie…

Peut-être que tu as vécu tout ça dans la dernière année.

Sois fière/fier de toi d’y être arrivé ! Et d’être là où tu es aujourd’hui. 

Maintenant, payes-toi la traite au resto, sur une terrasse, en jouant dehors avec tes amis, fais la fête dans ta maison, reçois tes voisines que tu aimes et ensemble, jouez aux cartes jusqu’aux petites heures, va marcher dehors à minuit, embrasse tes enfants, tes petits-enfants sur la joue, sans masque ni peur de savourer la Vie !!! 

Tu le mérites ! Et tu y as droit maintenant ! 

Le Grand Ménage

Photo de Vlad Chețan provenant de Pexels

Êtes-vous du genre à aimer faire le ménage du printemps ? 

Avez-vous hâte au mois d’avril et au beau temps qui l’accompagne pour justifier ce grand ménage ? 

Vous regardez peut-être toutes ces choses que vous possédez ou pire, vous pensez à celles que vous ne voyez plus parce qu’elles sont dans des boîtes enfouies sous un amas d’autres boîtes depuis des années, abandonnées dans le garage, le grenier ou une pièce à « débarras » qui ne sert qu’à entasser ces objets inutilisés et vous vous dites : « J’ai trop de choses ! »…

En 2006, j’habitais un bel appartement spacieux, parfaitement divisé pour mes besoins. Un coin bureau, deux belles chambres à l’arrière, une cuisine pouvant recevoir quelques invités, une grande salle de séjour, plusieurs garde-robes et beaucoup d’espace de rangement, des armoires, d’autres armoires et un maudit grand « locker ». Mon pire ennemi ! Je pouvais y entreposer un vélo, l’aspirateur, un surplus de papier hygiénique, des conserves, une mini épicerie en cas de guerre mondiale et des dizaines de boîtes incluant le sapin de Noël et toutes les décorations dont on ne se sert qu’à moitié mais qu’on garde d’une année à l’autre parce que« la tite-boule spéciale, c’est ma sœur qui me l’a donnée »ou « cet ange aux ailes brisées qui me rappelle un moment tendre de mon enfance ». ( !!!)

J’avais aussi plusieurs boîtes à souvenirs qui me séquestraient dans un passé duquel j’essayais de m’enfuir, de vieilles factures, des papiers d’impôts passés date, des photos de gens que j’avais oubliés… 

Ce jour de 2006, j’étais assis sur mon divan. Je regardais la télé que j’ai soudainement éteinte pour faire un scan de mon environnement.Je me suis rapidement senti étouffer et écrasé par tout ce matériel. Les cinq jours qui ont suivi ont servi à faire le vide et à enlever de la lourdeur à ma Vie. Je passais en revue chaque espace,  un à un, chaque tiroir, chaque tablette et je les vidais de leur contenu en me posant toujours la même question : « Est-ce que ça me sert encore ? » Je me suis libéré de tout ce surplus avec fougue et plaisir, un peu d’angoisse et quelques fois, de la peine. Mais quelle libération !

Depuis ce jour, à chaque printemps et aussi à la fin de l’année, je refais cet exercice. Je suis inspiré par plusieurs traditions et rituels d’un peu partout dans le monde concernant la purification de notre environnement. Il y a le Feng Shui qui invite à faire circuler l’énergie et à tout nettoyer avant le nouvel an ou les Danois qui, le 31 décembre, brisent la vaisselle qui a été ébréchée durant l’année avec l’aide de toute la famille pour faire place à la nouveauté.

Selon mes expériences, j’ai réalisé que ce qui est pêle-mêle dans les tiroirs, les penderies remplies de vêtements qu’on ne porte plus, les boîtes contenant des souvenirs, des cartes de souhaits dont on a oublié la provenance et le trop plein qu’on cache sous le lit ou dans le sous-sol, tout ça laisse traîner dans les recoins de notre esprit, de la poussière de souffrance, des fils d’araignées qui nous tiennent prisonniers de nous-mêmes, des odeurs qui nous rendent malades et des « bibittes » desquelles on veut se libérer. Mais on s’acharne à tout garder par peur du changement, peur d’oublier, peur, justement, d’être libre.

Je vous invite à tenter l’expérience de vous défaire d’un seul objet difficile à laisser partir mais dont vous ne vous servez plus. Je vous mets au défi d’ouvrir un seul tiroir, d’en faire l’inventaire et de vous départir de ce qui est maintenant inutile.  Vous verrez comment vous vous sentirez après que ce tiroir, cette armoire ait commencé à respirer. Je soupçonne que même votre souffle sera plus profond.

À ce jour, j’ai des tiroirs vides, de l’espace inoccupé sur des tablettes dans un petit « locker » qui me met chaque jour au défi parce tout ce dont je n’arrive pas à me débarrasser s’y entasse pendant un certain temps : amertume, colère, tristesse, souvenirs, boîtes de carton…

Mais les tiroirs vides, eux, respirent, s’amusent et s’éclatent de plaisir tant la liberté est grande…Tout comme mon esprit qui reprend son souffle, le temps que le « locker » soit trop plein de nouveau…et que le printemps revienne.

Comment vas-tu ?

crédit photo : Amir Esrafili – pexels.com

Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes en février 2021. Je vous raconte brièvement comment j’ai vécu cette dernière année et ce qui est ressorti de ces batailles intérieures, parfois violentes, parfois douces, mais surtout salvatrices.

Quelque part en mars 2020, j’ai été mis à pieds, comme plusieurs. Nous étions pourtant dans un air d’aller vers une production gigantesque pour satisfaire une grande clientèle. Et soudainement, tout s’arrêtait. 

Sur-le-champ. Sans préavis. Sournoisement, tout comme nos univers personnels  qui venaient de prendre une débarque dans l’incertitude, la peur et l’inconnu. Mais pour moi, avec un peu de soulagement. Je l’ignorais à ce moment-là, mais le besoin de prendre une pause, une vraie, s’imposait pour ma santé mentale et physique. Et la Vie répond souvent – ou toujours –  à nos demandes. J’ai d’ailleurs pensé, ironiquement, que la pandémie arrivait par ma faute…ha ha ha ! 

C’était un mercredi matin. 

Je donnais depuis quelques années déjà, une grande partie de mon temps et de mon énergie à cet emploi, mais voilà que soudainement, pour une semaine, deux, peut-être trois, j’aurais tout ça pour moi, sans penser à personne ni rien d’autre que moi. Sans planifier, sans prévoir, sans devoir. Juste être. 

Cet arrêt aura duré près de quatre mois. 

Dès la première journée, j’ai installé un espace pour me remettre à la peinture et créer. Dès le lendemain, j’ai repris la course à pieds quotidiennement. Dès le surlendemain, j’ai recommencé à cuisiner avec amour et calme. Et c’est ainsi que j’ai passé les quatre mois qui ont suivi, cherchant sans cesse à répondre à mes besoins du moment et surtout, à répondre régulièrement à cette question : 

COMMENT VAS-TU ? (L’émotion vient de monter spontanément, suivie de quelques larmes en écrivant cette phrase parce que très rarement, on se le demande à nous-même et trop peu souvent les autres nous pose la question, sincèrement).

Et j’ai passé ces quatre mois à tomber et retomber en amour avec moi, à reconnecter avec l’Artiste en moi, à renouer avec mes vraies valeurs, ma vraie essence, et tout ce que j’avais perdu et oublié de moi au fil des ans pour être au service des autres, pour plaire, ne pas déplaire, ne pas faire trop de vague ni déranger par ce que je suis. J’avais oublié comment j’allais dans toute cette Vie que je vouais aux autres.

Ce mercredi matin du mois de mars 2020, j’étais loin de m’imaginer que mes rêves d’enfant, mes désirs et aspirations d’adolescent et mes besoins d’adultes referaient surface de manière si brutale et inattendue. La surprise a été si forte, que ma tête tourbillonne sans cesse depuis et je dois mettre sur papier mon horaire de chaque jour, sinon, j’en oublies des bouts.

Je suis retourné au boulot en août avec en tête, ce besoin viscéral de respecter mes limites, mes rêves, mes désirs. Je suis dans un conflit personnel et déchirant depuis ce temps, ne voulant plus laisser aller ma Vie dans n’importe quel sens. 

Je ne veux plus être loin de ma Vie…

Puis il y a eu les vacances de Noël. Moi qui aime tant cette période de l’année entouré des membres de ma belle et grande famille, cette année-là, j’ai célébré seul avec ma mère. Nous avons ri, pleuré, chanté, mangé puis chanté, ri et pleuré encore, ne sachant plus trop s’il était de mise de célébrer ou s’il fallait juste laisser passer le temps pour oublier ces fêtes un peu étranges. Nous avons parlé de la Vie, de la résilience et avons réussi à nous frayer un sentier vers un Noël Joyeux et un Nouvel An dans l’humour et la légèreté.

Ce mercredi matin du mois de mars 2020, j’étais loin de m’imaginer que je prendrais enfin soin de moi avec tant de douceur et de bienveillance et ce, pour toujours depuis ce temps. 

Jamais plus je ne me laisserai tomber. Jamais plus je ne m’éloignerai de ma Vie. 

Ai-je trouvé le secret du bonheur, de la santé et de la longévité ?

Je ne sais pas. Peut-être…

Bon ! Je dois te laisser, j’ai de la peinture qui est entrain de sécher sur ma toile.

Mais avant,  j’ai envie de te demander : Et toi, COMMENT VAS-TU ?

J’ai un petit cancer et il est devenu mon Grand Ami

CUBA

Le 3 février 2020, quand le dermatologue m’a dit : « C’est un cancer de la peau ! », la première chose qui est monté en moi, c’est : « Tu dois prendre soin de toi, avoir plus de bienveillance pour toi et t’aimer davantage… ! ».  Et je suis allé attendre avec ma jaquette bleue, allongé sur une table trop froide et trop petite pour qu’on m’enlève cette tache qui inquiétait davantage mes proches que moi-même. Je respirais fort mais avec confiance et courage me disant qu’il y a pire…Que j’ai vu pire.

Au moment d’écrire ces lignes, je ne sais pas si ce que j’ai est quelque chose entre le carcinome basocellulaire ou spinocellulaire ou un mélanome malin (lui, y est pas gentil !). Peu importe ce qu’il en sera, c’est la première fois que je me sens confronté ainsi et que je pense à mon départ, mais surtout, SURTOUT, à ma présence et l’importance que j’ai oublié de lui accorder depuis des années. Il me semble que tout a une couleur différente, que le temps passé avec quelqu’un est plus savoureux, que la nourriture a meilleur goût, que la Vie est plus simple. Dans le livre « Le grand dictionnaire des malaises et maladies » dans lequel on explique le lien entre la maladie et ce qui se passe en nous, psychologiquement, il est dit que toute forme de cancer que le corps nous envoie est pour nous rappeler l’importance de nous aimer et de nous accepter tel que nous sommes. Mes premières réactions s’avèrent donc bonnes.

Depuis cette journée, quelque chose a ralenti en moi. Il y a comme un calme qui s’est installé, un grand lâcher-prise et un besoin intense de juste VIVRE avec tous mes désirs qui entourent cette Vie magnifique. Je réalise que j’ai eu une enfance et une adolescence magiques (merci à mes parents !) parsemées de soucis et de questionnements qui ont fait de moi l’homme hyper-sensible que je suis devenu et que j’aime être. J’aime l’enfant que j’ai été et qui est encore le même : tourné vers les autres et avec ce besoin très fort de rendre leur Vie belle et magique. Mais c’est peut-être à mon tour maintenant ?

Mon petit bobo, je l’ai nommé Le Sauveur. Il me parle fort, comme un ami le ferait. Il me fait comprendre que je n’étais pas toujours au bon endroit dans ma tête ni dans mon cœur. Que l’amour que je vouais tant aux autres, à leur personnalité, à leurs talents, à leur corps, je dois maintenant tourner tout ça vers moi. J’ai beaucoup donné aux autres et peu à moi-même. Je continuerai de donner, mais autrement…

Merci à ceux et celles qui sont là, toujours. Je parle surtout de présence physique, évidemment, parce que c’est surtout de ça dont j’ai besoin le plus et je peux enfin l’affirmer sans gêne…hahahah !

La Vie suit son cours. Je suis un homme courageux, intelligent émotionnellement et doté d’un bon sens de l’humour…Ça devrait être la recette gagnante.

MERCI LA VIE !

Stéphane Castellon

L’échec de mes relations

L’échec de mes relations

IMG_0651

Depuis mon enfance, je me suis toujours beaucoup dévoué pour mes relations. Professionnelles, familiales, amoureuses et amicales. Je me suis impliqué volontairement pour que celles-ci soient harmonieuses. J’ai répondu gratuitement à des demandes souvent exigeantes parce que j’avais un amour profond et sincère pour ces personnes. J’ai proposé des rencontres, des activités. J’ai encouragé et motivé des Artistes. J’ai aidé certains d’entres-eux à concrétiser leurs projets, leurs rêves. J’ai présenté de mes amis entre-eux (artistes et autres) questions d’agrandir notre cercle et qui sont devenus des amis ou collègues à leur tour pour ensuite s’effacer de ma Vie et poursuivre la leur ensemble…

J’ai donné, donné et donné encore, sans calculer, sans demander rien en retour, mais en souhaitant, peut-être trop secrètement, que notre relation se développe davantage et devienne grande et forte. J’ai eu une meilleure amie pendant plus de vingt ans à qui je me suis donné plus que je ne l’ai fait pour moi et dont la relation, encore une fois, a fini par s’éteindre doucement, sans retour, dans le silence, les nons-dits et sans doute, dans les secrets (et les mensonges)…

Pourtant, j’avais donné ma Vie, encore !

Je ressens un grand sentiment d’échec et de vide dans la plupart de mes relations. Un grand sentiment d’insatisfaction, d’abandon, de rejet et de solitude.

Ma plus grande victoire est sans aucun doute ma relation avec mes parents. J’en ai construit une magnifique avec mon père qui pourtant, avait un peu mal commencé. Mais maintenant qu’il est parti, je ne vis aucun regret, que de beaux et grands souvenirs. Ma relation avec ma mère est aussi grande et satisfaisante. En fait, elle est grandiose et très particulière. Et de celle-là, je suis très fier et reconnaissant.

Mais je reste avec un goût étrange dans mon cœur, un sentiment inconfortable entre « c’est de ma faute » ou « c’est de la tienne ». Je pense ne pas être très bon pour les relations, mais pourtant, on me dit souvent être un gars agréable…Je doute !

Je choisi maintenant d’abandonner, de lâcher prise et d’avancer tout de même sur ma route, à ma manière. Et peut-être qu’au fond, je suis fais pour ça, moi, marcher en solitaire. Peut-être que je me bats contre nature ? Une chose est certaine, je ne ferai plus d’efforts, plus de dévouement, plus de don de soi comme je l’ai fait dans le passé.

Ma réflexion se veut dure, mais mon petit cœur a un peu mal (beaucoup peut-être) de se poser toujours ces mêmes questions. Peut-être qu’à la lecture de ce texte, vous vous reconnaîtrez. Si c’est le cas, invitez-moi à aller prendre un verre et si ça vaut le coup, j’irai…

 

 

Je ne suis pas facile d’approche

image

Depuis des années, je me bats contre mes démons intérieurs qui me disent que personne ne s’intéresse à moi. Certaines relations (tout genre confondu) me l’ont prouvé, disparaissant en laissant derrière elles de souffrantes traces. Non, je ne suis pas facile d’approche. Pas facile à aimer. J’ai même l’impression de ne pas être attirant et de repousser les autres. J’irais jusqu’à oser dire que je ne me sens pas souvent aimé. Je n’ai jamais consulté pour ça, mais je cherche à comprendre depuis longtemps les raisons qui me font sentir ainsi.

Quand j’étais enfant, je disais à ma mère qui me demandait pourquoi je n’invitais pas d’amis à la maison : « C’est trop compliqué, il faut toujours leur offrir du jus et des biscuits »

Venant de la bouche de l’enfant que j’étais, ça me fait sourire aujourd’hui, mais me fait comprendre aussi que ça vient de loin. Je n’étais pourtant pas un enfant confiné à rester à la maison, nous étions plusieurs cousins et cousines que je voyais fréquemment et à l’école, surtout au primaire, j’avais quelques amis.

C’est plutôt à l’âge adulte que tout ça s’est gâté.

Je prends le temps de l’écrire parce qu’aujourd’hui, j’en ai parlé pour une rare fois avec des collègues de travail qui m’ont effectivement confirmé qu’il est difficile de m’approcher. Mais j’en parle surtout m’en libérer. J’ai sans doute érigé au cours des années une armure de protection qui me permettrait de ne pas souffrir. Mais ça m’a joué des tours. Cette armure me mène à des périodes d’isolement où je préfère (et de loin) me retrouver seul. Et c’est là qu’il y a de grandes contradictions en moi parce que pour dire vrai, j’aimerais mieux avoir de grands groupes d’amis et rencontrer toujours de nouvelles personnes. Mais même quelques-uns de mes amis proches ont sembler oublier que j’existe. J’ai le sentiment de ne pas exister pour certains d’entre-eux, comme si je devais constamment rappeler ma présence dans leur Vie.

Je suis devenu indifférent, coupé de tout sentiment et plus aucun désir de m’impliquer dans quelque relation que ce soit : amicale, amoureuse ou professionnel. J’ai finis par me plaire à être seul et à trouver une façon de ne pas me sentir isoler dans mon isolement. J’ai aussi affirmé haut et fort que même être en couple n’était plus dans mes plans de Vie.

Et avec tout ça, je sais que je suis sympathique, aimable, très drôle et doté d’un sens de la dérision qui rend mes rencontres agréables. Mais pour en arriver à faire connaître ces aspects de moi, j’ai un gros travail à faire avec la personne qui se trouve devant moi.

Mes réseaux sociaux me servent de semblant de réseau social. Si j’y partage et publies autant de photos, de réflexions et de Vie quotidienne, c’est bien parce que ma vraie Vie sociale est à chier…ha ha ha ! Sinon, je n’en aurais pas besoin, j’en suis convaincu.

Merci d’avoir pris le temps de lire jusqu’au bout. Je peux déjà affirmé que je sais que vous serez peu à le faire. J’intéresse pas grand monde…ha ha ha ! ( je l’ai dit que j’ai le sens de la dérision…). C’est pour m’aider à passer au travers que j’en parle ouvertement.

Ici, c’est gratuit. Bientôt, ça va me coûter $100 de l’heure.

Stéphane Castellon