Le Grand Ménage

Photo de Vlad Chețan provenant de Pexels

Êtes-vous du genre à aimer faire le ménage du printemps ? 

Avez-vous hâte au mois d’avril et au beau temps qui l’accompagne pour justifier ce grand ménage ? 

Vous regardez peut-être toutes ces choses que vous possédez ou pire, vous pensez à celles que vous ne voyez plus parce qu’elles sont dans des boîtes enfouies sous un amas d’autres boîtes depuis des années, abandonnées dans le garage, le grenier ou une pièce à « débarras » qui ne sert qu’à entasser ces objets inutilisés et vous vous dites : « J’ai trop de choses ! »…

En 2006, j’habitais un bel appartement spacieux, parfaitement divisé pour mes besoins. Un coin bureau, deux belles chambres à l’arrière, une cuisine pouvant recevoir quelques invités, une grande salle de séjour, plusieurs garde-robes et beaucoup d’espace de rangement, des armoires, d’autres armoires et un maudit grand « locker ». Mon pire ennemi ! Je pouvais y entreposer un vélo, l’aspirateur, un surplus de papier hygiénique, des conserves, une mini épicerie en cas de guerre mondiale et des dizaines de boîtes incluant le sapin de Noël et toutes les décorations dont on ne se sert qu’à moitié mais qu’on garde d’une année à l’autre parce que« la tite-boule spéciale, c’est ma sœur qui me l’a donnée »ou « cet ange aux ailes brisées qui me rappelle un moment tendre de mon enfance ». ( !!!)

J’avais aussi plusieurs boîtes à souvenirs qui me séquestraient dans un passé duquel j’essayais de m’enfuir, de vieilles factures, des papiers d’impôts passés date, des photos de gens que j’avais oubliés… 

Ce jour de 2006, j’étais assis sur mon divan. Je regardais la télé que j’ai soudainement éteinte pour faire un scan de mon environnement.Je me suis rapidement senti étouffer et écrasé par tout ce matériel. Les cinq jours qui ont suivi ont servi à faire le vide et à enlever de la lourdeur à ma Vie. Je passais en revue chaque espace,  un à un, chaque tiroir, chaque tablette et je les vidais de leur contenu en me posant toujours la même question : « Est-ce que ça me sert encore ? » Je me suis libéré de tout ce surplus avec fougue et plaisir, un peu d’angoisse et quelques fois, de la peine. Mais quelle libération !

Depuis ce jour, à chaque printemps et aussi à la fin de l’année, je refais cet exercice. Je suis inspiré par plusieurs traditions et rituels d’un peu partout dans le monde concernant la purification de notre environnement. Il y a le Feng Shui qui invite à faire circuler l’énergie et à tout nettoyer avant le nouvel an ou les Danois qui, le 31 décembre, brisent la vaisselle qui a été ébréchée durant l’année avec l’aide de toute la famille pour faire place à la nouveauté.

Selon mes expériences, j’ai réalisé que ce qui est pêle-mêle dans les tiroirs, les penderies remplies de vêtements qu’on ne porte plus, les boîtes contenant des souvenirs, des cartes de souhaits dont on a oublié la provenance et le trop plein qu’on cache sous le lit ou dans le sous-sol, tout ça laisse traîner dans les recoins de notre esprit, de la poussière de souffrance, des fils d’araignées qui nous tiennent prisonniers de nous-mêmes, des odeurs qui nous rendent malades et des « bibittes » desquelles on veut se libérer. Mais on s’acharne à tout garder par peur du changement, peur d’oublier, peur, justement, d’être libre.

Je vous invite à tenter l’expérience de vous défaire d’un seul objet difficile à laisser partir mais dont vous ne vous servez plus. Je vous mets au défi d’ouvrir un seul tiroir, d’en faire l’inventaire et de vous départir de ce qui est maintenant inutile.  Vous verrez comment vous vous sentirez après que ce tiroir, cette armoire ait commencé à respirer. Je soupçonne que même votre souffle sera plus profond.

À ce jour, j’ai des tiroirs vides, de l’espace inoccupé sur des tablettes dans un petit « locker » qui me met chaque jour au défi parce tout ce dont je n’arrive pas à me débarrasser s’y entasse pendant un certain temps : amertume, colère, tristesse, souvenirs, boîtes de carton…

Mais les tiroirs vides, eux, respirent, s’amusent et s’éclatent de plaisir tant la liberté est grande…Tout comme mon esprit qui reprend son souffle, le temps que le « locker » soit trop plein de nouveau…et que le printemps revienne.

Comment vas-tu ?

crédit photo : Amir Esrafili – pexels.com

Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes en février 2021. Je vous raconte brièvement comment j’ai vécu cette dernière année et ce qui est ressorti de ces batailles intérieures, parfois violentes, parfois douces, mais surtout salvatrices.

Quelque part en mars 2020, j’ai été mis à pieds, comme plusieurs. Nous étions pourtant dans un air d’aller vers une production gigantesque pour satisfaire une grande clientèle. Et soudainement, tout s’arrêtait. 

Sur-le-champ. Sans préavis. Sournoisement, tout comme nos univers personnels  qui venaient de prendre une débarque dans l’incertitude, la peur et l’inconnu. Mais pour moi, avec un peu de soulagement. Je l’ignorais à ce moment-là, mais le besoin de prendre une pause, une vraie, s’imposait pour ma santé mentale et physique. Et la Vie répond souvent – ou toujours –  à nos demandes. J’ai d’ailleurs pensé, ironiquement, que la pandémie arrivait par ma faute…ha ha ha ! 

C’était un mercredi matin. 

Je donnais depuis quelques années déjà, une grande partie de mon temps et de mon énergie à cet emploi, mais voilà que soudainement, pour une semaine, deux, peut-être trois, j’aurais tout ça pour moi, sans penser à personne ni rien d’autre que moi. Sans planifier, sans prévoir, sans devoir. Juste être. 

Cet arrêt aura duré près de quatre mois. 

Dès la première journée, j’ai installé un espace pour me remettre à la peinture et créer. Dès le lendemain, j’ai repris la course à pieds quotidiennement. Dès le surlendemain, j’ai recommencé à cuisiner avec amour et calme. Et c’est ainsi que j’ai passé les quatre mois qui ont suivi, cherchant sans cesse à répondre à mes besoins du moment et surtout, à répondre régulièrement à cette question : 

COMMENT VAS-TU ? (L’émotion vient de monter spontanément, suivie de quelques larmes en écrivant cette phrase parce que très rarement, on se le demande à nous-même et trop peu souvent les autres nous pose la question, sincèrement).

Et j’ai passé ces quatre mois à tomber et retomber en amour avec moi, à reconnecter avec l’Artiste en moi, à renouer avec mes vraies valeurs, ma vraie essence, et tout ce que j’avais perdu et oublié de moi au fil des ans pour être au service des autres, pour plaire, ne pas déplaire, ne pas faire trop de vague ni déranger par ce que je suis. J’avais oublié comment j’allais dans toute cette Vie que je vouais aux autres.

Ce mercredi matin du mois de mars 2020, j’étais loin de m’imaginer que mes rêves d’enfant, mes désirs et aspirations d’adolescent et mes besoins d’adultes referaient surface de manière si brutale et inattendue. La surprise a été si forte, que ma tête tourbillonne sans cesse depuis et je dois mettre sur papier mon horaire de chaque jour, sinon, j’en oublies des bouts.

Je suis retourné au boulot en août avec en tête, ce besoin viscéral de respecter mes limites, mes rêves, mes désirs. Je suis dans un conflit personnel et déchirant depuis ce temps, ne voulant plus laisser aller ma Vie dans n’importe quel sens. 

Je ne veux plus être loin de ma Vie…

Puis il y a eu les vacances de Noël. Moi qui aime tant cette période de l’année entouré des membres de ma belle et grande famille, cette année-là, j’ai célébré seul avec ma mère. Nous avons ri, pleuré, chanté, mangé puis chanté, ri et pleuré encore, ne sachant plus trop s’il était de mise de célébrer ou s’il fallait juste laisser passer le temps pour oublier ces fêtes un peu étranges. Nous avons parlé de la Vie, de la résilience et avons réussi à nous frayer un sentier vers un Noël Joyeux et un Nouvel An dans l’humour et la légèreté.

Ce mercredi matin du mois de mars 2020, j’étais loin de m’imaginer que je prendrais enfin soin de moi avec tant de douceur et de bienveillance et ce, pour toujours depuis ce temps. 

Jamais plus je ne me laisserai tomber. Jamais plus je ne m’éloignerai de ma Vie. 

Ai-je trouvé le secret du bonheur, de la santé et de la longévité ?

Je ne sais pas. Peut-être…

Bon ! Je dois te laisser, j’ai de la peinture qui est entrain de sécher sur ma toile.

Mais avant,  j’ai envie de te demander : Et toi, COMMENT VAS-TU ?

J’ai un petit cancer et il est devenu mon Grand Ami

CUBA

Le 3 février 2020, quand le dermatologue m’a dit : « C’est un cancer de la peau ! », la première chose qui est monté en moi, c’est : « Tu dois prendre soin de toi, avoir plus de bienveillance pour toi et t’aimer davantage… ! ».  Et je suis allé attendre avec ma jaquette bleue, allongé sur une table trop froide et trop petite pour qu’on m’enlève cette tache qui inquiétait davantage mes proches que moi-même. Je respirais fort mais avec confiance et courage me disant qu’il y a pire…Que j’ai vu pire.

Au moment d’écrire ces lignes, je ne sais pas si ce que j’ai est quelque chose entre le carcinome basocellulaire ou spinocellulaire ou un mélanome malin (lui, y est pas gentil !). Peu importe ce qu’il en sera, c’est la première fois que je me sens confronté ainsi et que je pense à mon départ, mais surtout, SURTOUT, à ma présence et l’importance que j’ai oublié de lui accorder depuis des années. Il me semble que tout a une couleur différente, que le temps passé avec quelqu’un est plus savoureux, que la nourriture a meilleur goût, que la Vie est plus simple. Dans le livre « Le grand dictionnaire des malaises et maladies » dans lequel on explique le lien entre la maladie et ce qui se passe en nous, psychologiquement, il est dit que toute forme de cancer que le corps nous envoie est pour nous rappeler l’importance de nous aimer et de nous accepter tel que nous sommes. Mes premières réactions s’avèrent donc bonnes.

Depuis cette journée, quelque chose a ralenti en moi. Il y a comme un calme qui s’est installé, un grand lâcher-prise et un besoin intense de juste VIVRE avec tous mes désirs qui entourent cette Vie magnifique. Je réalise que j’ai eu une enfance et une adolescence magiques (merci à mes parents !) parsemées de soucis et de questionnements qui ont fait de moi l’homme hyper-sensible que je suis devenu et que j’aime être. J’aime l’enfant que j’ai été et qui est encore le même : tourné vers les autres et avec ce besoin très fort de rendre leur Vie belle et magique. Mais c’est peut-être à mon tour maintenant ?

Mon petit bobo, je l’ai nommé Le Sauveur. Il me parle fort, comme un ami le ferait. Il me fait comprendre que je n’étais pas toujours au bon endroit dans ma tête ni dans mon cœur. Que l’amour que je vouais tant aux autres, à leur personnalité, à leurs talents, à leur corps, je dois maintenant tourner tout ça vers moi. J’ai beaucoup donné aux autres et peu à moi-même. Je continuerai de donner, mais autrement…

Merci à ceux et celles qui sont là, toujours. Je parle surtout de présence physique, évidemment, parce que c’est surtout de ça dont j’ai besoin le plus et je peux enfin l’affirmer sans gêne…hahahah !

La Vie suit son cours. Je suis un homme courageux, intelligent émotionnellement et doté d’un bon sens de l’humour…Ça devrait être la recette gagnante.

MERCI LA VIE !

Stéphane Castellon

L’échec de mes relations

L’échec de mes relations

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Depuis mon enfance, je me suis toujours beaucoup dévoué pour mes relations. Professionnelles, familiales, amoureuses et amicales. Je me suis impliqué volontairement pour que celles-ci soient harmonieuses. J’ai répondu gratuitement à des demandes souvent exigeantes parce que j’avais un amour profond et sincère pour ces personnes. J’ai proposé des rencontres, des activités. J’ai encouragé et motivé des Artistes. J’ai aidé certains d’entres-eux à concrétiser leurs projets, leurs rêves. J’ai présenté de mes amis entre-eux (artistes et autres) questions d’agrandir notre cercle et qui sont devenus des amis ou collègues à leur tour pour ensuite s’effacer de ma Vie et poursuivre la leur ensemble…

J’ai donné, donné et donné encore, sans calculer, sans demander rien en retour, mais en souhaitant, peut-être trop secrètement, que notre relation se développe davantage et devienne grande et forte. J’ai eu une meilleure amie pendant plus de vingt ans à qui je me suis donné plus que je ne l’ai fait pour moi et dont la relation, encore une fois, a fini par s’éteindre doucement, sans retour, dans le silence, les nons-dits et sans doute, dans les secrets (et les mensonges)…

Pourtant, j’avais donné ma Vie, encore !

Je ressens un grand sentiment d’échec et de vide dans la plupart de mes relations. Un grand sentiment d’insatisfaction, d’abandon, de rejet et de solitude.

Ma plus grande victoire est sans aucun doute ma relation avec mes parents. J’en ai construit une magnifique avec mon père qui pourtant, avait un peu mal commencé. Mais maintenant qu’il est parti, je ne vis aucun regret, que de beaux et grands souvenirs. Ma relation avec ma mère est aussi grande et satisfaisante. En fait, elle est grandiose et très particulière. Et de celle-là, je suis très fier et reconnaissant.

Mais je reste avec un goût étrange dans mon cœur, un sentiment inconfortable entre « c’est de ma faute » ou « c’est de la tienne ». Je pense ne pas être très bon pour les relations, mais pourtant, on me dit souvent être un gars agréable…Je doute !

Je choisi maintenant d’abandonner, de lâcher prise et d’avancer tout de même sur ma route, à ma manière. Et peut-être qu’au fond, je suis fais pour ça, moi, marcher en solitaire. Peut-être que je me bats contre nature ? Une chose est certaine, je ne ferai plus d’efforts, plus de dévouement, plus de don de soi comme je l’ai fait dans le passé.

Ma réflexion se veut dure, mais mon petit cœur a un peu mal (beaucoup peut-être) de se poser toujours ces mêmes questions. Peut-être qu’à la lecture de ce texte, vous vous reconnaîtrez. Si c’est le cas, invitez-moi à aller prendre un verre et si ça vaut le coup, j’irai…

 

 

Je ne suis pas facile d’approche

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Depuis des années, je me bats contre mes démons intérieurs qui me disent que personne ne s’intéresse à moi. Certaines relations (tout genre confondu) me l’ont prouvé, disparaissant en laissant derrière elles de souffrantes traces. Non, je ne suis pas facile d’approche. Pas facile à aimer. J’ai même l’impression de ne pas être attirant et de repousser les autres. J’irais jusqu’à oser dire que je ne me sens pas souvent aimé. Je n’ai jamais consulté pour ça, mais je cherche à comprendre depuis longtemps les raisons qui me font sentir ainsi.

Quand j’étais enfant, je disais à ma mère qui me demandait pourquoi je n’invitais pas d’amis à la maison : « C’est trop compliqué, il faut toujours leur offrir du jus et des biscuits »

Venant de la bouche de l’enfant que j’étais, ça me fait sourire aujourd’hui, mais me fait comprendre aussi que ça vient de loin. Je n’étais pourtant pas un enfant confiné à rester à la maison, nous étions plusieurs cousins et cousines que je voyais fréquemment et à l’école, surtout au primaire, j’avais quelques amis.

C’est plutôt à l’âge adulte que tout ça s’est gâté.

Je prends le temps de l’écrire parce qu’aujourd’hui, j’en ai parlé pour une rare fois avec des collègues de travail qui m’ont effectivement confirmé qu’il est difficile de m’approcher. Mais j’en parle surtout m’en libérer. J’ai sans doute érigé au cours des années une armure de protection qui me permettrait de ne pas souffrir. Mais ça m’a joué des tours. Cette armure me mène à des périodes d’isolement où je préfère (et de loin) me retrouver seul. Et c’est là qu’il y a de grandes contradictions en moi parce que pour dire vrai, j’aimerais mieux avoir de grands groupes d’amis et rencontrer toujours de nouvelles personnes. Mais même quelques-uns de mes amis proches ont sembler oublier que j’existe. J’ai le sentiment de ne pas exister pour certains d’entre-eux, comme si je devais constamment rappeler ma présence dans leur Vie.

Je suis devenu indifférent, coupé de tout sentiment et plus aucun désir de m’impliquer dans quelque relation que ce soit : amicale, amoureuse ou professionnel. J’ai finis par me plaire à être seul et à trouver une façon de ne pas me sentir isoler dans mon isolement. J’ai aussi affirmé haut et fort que même être en couple n’était plus dans mes plans de Vie.

Et avec tout ça, je sais que je suis sympathique, aimable, très drôle et doté d’un sens de la dérision qui rend mes rencontres agréables. Mais pour en arriver à faire connaître ces aspects de moi, j’ai un gros travail à faire avec la personne qui se trouve devant moi.

Mes réseaux sociaux me servent de semblant de réseau social. Si j’y partage et publies autant de photos, de réflexions et de Vie quotidienne, c’est bien parce que ma vraie Vie sociale est à chier…ha ha ha ! Sinon, je n’en aurais pas besoin, j’en suis convaincu.

Merci d’avoir pris le temps de lire jusqu’au bout. Je peux déjà affirmé que je sais que vous serez peu à le faire. J’intéresse pas grand monde…ha ha ha ! ( je l’ai dit que j’ai le sens de la dérision…). C’est pour m’aider à passer au travers que j’en parle ouvertement.

Ici, c’est gratuit. Bientôt, ça va me coûter $100 de l’heure.

Stéphane Castellon

Mettre fin à des relations à sens unique

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Et soudainement, on en prend conscience.

Ça nous frappe en plein visage, comme une bourrasque qu’on n’a pas vu venir.

On ne comprend pas toujours notre malaise, ce sentiment d’être mis de côté, oublié et sans intérêt : nous entretenons des relations à sens unique. Et pire que ça, nous leur donnons beaucoup d’importance dans notre Vie. Nous leur faisons de la place, nous leur laissons de l’espace en souhaitant qu’elles en prennent. Et si ces relations n’agissent pas, nous revenons à la charge en faisant de grands signes, nous envoyons des alertes, époussetons, nettoyons, et lavons pour que ce soit beau et accueillant. Et si ces relations n’entrent pas chez-nous, nous cognons chez-elles. Et s’il n’y a pas de réponse, nous laissons un mot sur la porte, un message quelque part…

Et pendant ce temps, certaines relations n’aboutissent à rien, finissent par s’effriter et être blessantes beaucoup plus que stimulantes et riches de contenu. Rares sont les personnes qui osent dire les raisons de ce manque d’intérêt. Elles préfèrent prétendre manquer de temps, elles restent vagues sur leur engagement, oublient que le mot « vu », suivie de l’heure, indique que le message a été lu.

La sagesse d’une franchise assumée et exprimée est beaucoup plus appréciée que la lâcheté d’un silence qui demeure beaucoup plus malfaisant que la vérité.

Ma réflexion est courte parce qu’elle a mûri depuis longtemps déjà. Je suis dans le gros ménage du printemps. Ce que j’époussette, ce sont mes propres étagères. J’enlève la poussière que je laisse sortir par la porte d’en arrière pour qu’à l’entrée, tout soit prêt à recevoir l’authentique qui a le temps et le désir de prendre ce temps…

Stéphane Castellon

Pour toujours et à jamais ? (témoignage d’un célibataire)

 

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Ça fera bientôt quatorze ans que je suis célibataire. Encore un peu et je pourrai célébrer le contraire des noces de cristal.

Selon un article que j’ai lu, plus longtemps on est célibataire, meilleure sera la prochaine relation. Ça pourrait bien être la bonne…pour toujours. On y écrit aussi que d’être seul longtemps est le meilleur moyen d’apprendre à se connaître et à évoluer.

Pendant toutes ces années, j’ai fait le tour de mon jardin bien souvent et de plusieurs manières. Certains arbres ont eu le temps de fleurir, mourir et renaître plus d’une fois. Les fleurs se sont fanées, ont perdu de leur couleur, ont fleuri de nouveau et certaines sont mortes à jamais. J’ai construit des clôtures autour de mon jardin que j’ai gardé secret amèrement, parfois. J’ai érigé quelques barricades à certaines façades pour me protéger des vents et des tempêtes (et aussi pour regarder mes émissions de télé préférées sans me faire déranger…ah ah ah !). Mais les portes de fer forgé, je les ai toujours gardées ouvertes, prêt à recevoir la visite. Certains sont entrés, visitant mes plates-bandes et s’invitant sans gêne dans ma solitude et ressortant discrètement. Souvent sans rien dire…Quelques hommes perdus dans leur recherche d’eux-mêmes, pas satisfaits, peut-être, de leur Vie affective, ont testé leurs désirs et leur attirance avec moi. Ils ont laissé des traces de blessures difficiles à guérir aujourd’hui. Heureusement que mes barricades tiennent toujours en place.

Oui, je veux bien avoir un partenaire de Vie. J’y tiens ! Quand j’étais plus jeune, je rêvais de Mariage, d’Union, de Princes et de Chevaux blancs. Je rêvais même d’avoir des enfants. J’y rêve encore…Mais je ne sais plus s’il y a de la place. Je ne sais pas comment faire. Je laisse un côté du lit libre et la table de chevet, vide. On ne sait jamais quand l’Amour en aura besoin.

Je suis bien seul. Bien avec moi. Mais je suis devenu courageux de l’être par la force des choses, comme si la Vie ne répondait pas tout à fait à mes attentes, à mes désirs et que je n’avais pas eu le choix d’apprendre cet amour propre. J’ai l’envie d’une relation à deux. C’est très fort en moi, surtout maintenant que de nouvelles fleurs naissent et que les arbres reprennent Vie. J’ai des amis, heureusement, mais leur présence est rare (ils sont en couple, eux, et ils ont des enfants… !!!). J’ai une famille merveilleuse et présente, quel privilège !! Mais ça ne fait pas des relations amoureuses et sexuelles, ça, une famille..hi hi !

J’avais envie de crier mon désir d’être en couple et qui sait, d’avoir au moins un enfant. Ça me ferait un projet à long terme…Mais peut-être qu’il est trop tard, peut-être que je resterai célibataire pour toujours et à jamais.

Peut-être que le Prince, je le croise chaque jour depuis quatorze ans et que je ne le vois pas parce que je suis trop occupé à jardiner…

Mes relations : au cœur de ma raison d’être

 

Ma mère m’a souvent raconté que lorsque j’étais enfant et qu’elle me demandait d’inviter des amis à la maison (parce qu’elle avait l’impression que seul, je m’ennuyais), je lui répondais : « Ah non ! Il faut toujours leur offrir du jus et des biscuits ! » . Je préférais me satisfaire de mes lectures, de mes rêveries et de mes créations d’enfant qui me satisfaisaient davantage…

Je n’avais visiblement aucun intérêt à m’occuper de ces amis…ah ah ah !

Aujourd’hui, bien qu’étant de nature accueillante, que je suis en mesure de recevoir de manière spectaculaire et avec beaucoup de goût et d’attention, avec les années, la qualité plus que la quantité de mes relations est devenue de plus en plus importante. N’offrir que du jus et des biscuits n’est plus d’aucun intérêt.

Et je me détache aisément de ces relations…

J’ai longtemps pensé que je n’étais pas apte à être en relation et qu’il était difficile pour moi d’aller vers des inconnus et d’entrer en contact avec eux, naturellement et le plus authentiquement possible. Avec le temps, j’ai compris que mon humour, ma façon de raconter les choses, mon hyper-sensibilité et mon désir de partager avec l’autre sont à la source même de mes rencontres et que c’est là que je m’y retrouve et que je suis heureux…

Quand il n’y a pas de partage, d’échange et que tout ne vient que d’un sens, que ce soit du mien ou celui de l’autre, je m’y perds, m’y ennuies et je ne pense qu’à une chose : retourner chez-moi, blottie dans mon univers à manger seul mes biscuits…

Être en présence de personnes qui ne font que se raconter, qui étalent leur savoir, leurs faits et gestes et qui n’entendent rien des bruits de la nature et des oiseaux qui gazouillent autour d’eux, je n’y arrive plus. Je n’ai plus ce besoin, comme avant ou comme la majorité des gens qui s’évadent et s’étourdissent dans tout ce bruit.

Nous en avons suffisamment avec les réseaux sociaux.

Ne vous méprenez pas. Je vous aime ! ah ah ah ! J’aime l’humain dans toute sa grandeur et sa splendeur. Mais le vide ne m’intéresse plus. Je cherche le vrai, l’authentique, le riche, le nourrissant et la grandeur des âmes. Le superficiel n’est plus pour moi. J’aime rire, échanger, connaître l’autre dans ce qu’il est (PAS ce qu’il fait) et partager des sentiments, des émotions, de l’authentique et beaucoup d’amour, dans toutes ses formes…

J’aime savoir comment tu te sens !!!

Je n’ai que très peu d’amis (ies). Mais ceux et celles que j’ai, ceux et celles avec qui je partage de grands morceaux de ma Vie sont vrais (es), authentiques, savoureux (ses), colorés (ées) et totalement présents (tes) à ce qu’ils (elles) sont…Ils et elles ne fuient pas leur vérité et c’est ce que j’apprécie le plus…

Cela dit, je fais de bons biscuits et ça, c’est parce que j’ai envie qu’ensemble, on savoure la Vie…

Vole, noeud papillon ! VOLE !

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En 1994, je suis entré pour la première fois dans un restaurant dans le but d’y travailler. Je venais de m’établir à Montréal après un séjour de trois mois au Mexique que j’avais fait quelque temps auparavant. J’entrais dans ce resto avec la forte envie de devenir serveur. Je n’avais aucune expérience. Vraiment aucune. Je ne savais même pas par quoi il fallait commencer quand on servait un client. Mais je m’étais dit que puisque j’allais moi-même manger au resto à l’occasion, je n’avais qu’à faire la même chose que ceux qui me servaient. Et j’ai été engagé. J’ai commencé le lendemain. Après trois jours de formation (on m’avait dit deux semaines !!!!!), on m’assignait ma section et voilà, je commençais ma carrière de serveur.

À l’époque, j’étais entré dans ce métier « en attendant ». Je me disais, avec toute la fougue de ma vingtaine, que ma carrière de comédien et d’animateur était sur le point d’exploser de toute façon et que ce job était pour m’aider à me rendre jusqu’à mon but…dans quelques mois…

J’ai célébré mes vingt ans de carrière en 2014. Oui, vingt ans à avoir été serveur, toujours en attendant qu’il se passe autre chose. Au travers les désirs, les rêves, les auditions manquées, les rôles ici et là, la figuration dans de grosses productions américaines, la troupe de théâtre que j’ai mis sur pieds, les court-métrages non rémunérés, les refus que je ne compte plus et toutes les autres jobs, j’ai servi des milliers de personnes. J’ai même été dans les meilleures vendeurs dans l’un des restos où j’ai travaillé : $250 000 de vente en un an. Pas pire hein ? Ouais ! Vraiment pas pire ! Mais ça n’a tellement aucune importance pour moi…

Vingt ans plus tard, j’attends encore. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, de m’être battu, d’avoir manqué des jours de travail pour des tournages qui m’apportaient définitivement plus de plaisir que les centaines de dollars que je pouvais faire en vendant des « pétates » et de la bière à profusion. Vingt ans à attendre pendant que je regardais certains de mes collègues réussir dans des métiers qui leur plaisaient vraiment et pour certains, dans ce même métier que je chérissais tant et qui , peut-être, est aussi entrain de m’attendre…

Voilà que cette année, pour célébrer mes vingt ans de service, j’ai choisi de ne plus faire ça. J’arrête pour de bon ! J’ai tout essayé pour trouver du réconfort dans ce monde magnifique qu’est la restauration. J’ai changé de restaurant, je suis devenu gérant, j’ai servi pour des banquets, des événements spéciaux, des partys privés et non, y a plus rien qui m’attire. Pas même l’argent. J’ai fait le tour plusieurs fois. Et surtout, je réalise que mon petit cerveau pense que lui et moi, nous sommes toujours entrain d’attendre. Et c’est le cas.

Je sais très bien que pour faire de la place, on doit aussi faire du ménage, faire le vide. Je le fais dans mes tiroirs, pourquoi pas dans ma Vie professionnelle ? J’ai vécu de bien belles années à faire ce métier. J’ai fait de belles rencontres, je m’y suis amusé comme un enfant, j’ai dépassé des limites et j’avais, malgré tout, un public à divertir.

Mais aujourd’hui, je dis : vole nœud papillon ! vole ! Et vole comme tu n’as jamais volé avant…

BALNEA, mon amour !

Photos BALNEA mon amourChoisir de partir seul, un jeudi matin, direction Bromont, avec pour objectif de prendre du temps pour moi, me retrouver. Je dois dire que je me sentais légèrement inconfortable à l’idée de passer cette journée (et la nuit – je vous en parle plus bas) dans un endroit inconnu, loin de mon nid douillet et rassurant et surtout, sans trop savoir de quoi serait composée la journée. Que voulez-vous, j’y suis fragile ! Mais au travers tout ça, une grande excitation traversait mon corps jusqu’à sortir les plus belles chansons de ma bouche sur le chemin vers Bromont : je prenais ENFIN du temps pour moi !

La route était belle et calme et le soleil étant de l’escapade, je ne pouvais que mieux savourer chaque instant qui me menait vers mon paradis. Je souhaitais justement trouver un rayon de soleil à mettre dans mon jardin où les fleurs tardent à pousser…

Et je suis arrivé au Spa BALNEA.

L’accueil a été spontanément réconfortant, ce dont j’avais besoin à ce moment précis. Le charmant David m’a fait visiter les lieux, m’expliquant chaque détail de chaque emplacement et surtout, il le faisait d’une voix douce et calme…C’était ben l’fun ça aussi !!!

Juché en flan de montagne, en plein cœur des Cantons-de-l’est et surplombant une réserve naturelle digne des cartes postales, il m’a fallu me rappeler souvent que ce que je voyais de mon bain à remous était bel et bien réel et à plusieurs reprises, je me suis surpris à dire à voix haute : « Esti que chu ben !!! ». Et oui, j’étais très bien. Très calme, très déposé dans l’instant présent, allant d’un endroit à l’autre sans trop me poser de questions et savourant chaque aspect des différents aires de repos. Franchement, je ne comprends pas encore pourquoi je passe autant de temps ailleurs que dans un spa !!!! Ce n’est qu’après plusieurs saucettes et plusieurs moments de repos que j’ai décidé de quitter, à mon grand regret, vers 17h30. Mais j’aurais pu rester encore…

J’avais aussi réservé une chambre à l’Auberge Nuit St-Georges, situé à dix minutes du BALNEA. Encore là, je ne savais pas trop de quoi aurait l’air l’endroit. Et j’y suis arrivé vers 18h. Une charmante dame, la propriétaire, m’a accueilli comme si j’étais son neveu en visite chez elle. Elle m’a fait visiter sa maison et présenter ma chambre. J’étais seul avec un couple dans toute la maison. C’était le calme totale. Après être allé souper au restaurant Les David et Goliath, je me suis empressé de revenir vers mon domicile temporaire pour enfiler mon linge mou et me prélasser dans l’immense salon commun (mais où j’étais seul) devant un feu de foyer. À plusieurs reprises, je me suis assoupie. Mon bien être n’avait aucune retenue. Il savourait tout…

La nuit a été trop courte parce que particulièrement savoureuse et réparatrice. J’y serais demeuré encore un peu. Mais l’odeur du petit déjeuner préparé par ma tante adoptive se faisait sentir jusque dans ma chambre. Et après un « vous avez bien dormi ? » (oui, c’est une tante qui vouvoie…), la propriétaire-cuisinière m’a proposé un jus d’orange, des fruits, du yogourt et..du pain doré !!!! Ah ben là ! Bout d’viarge ! C’est le summum du bien être !!!!! Mais non, en plus, elle m’a offert un petit pot de caramel maison…Le boutte du boutte, j’te dis !!!!

C’est mon amie Isabelle Laguë qui m’a offert mon escapade au BALNEA. Et je le précise parce que sans le savoir, c’est comme si en me poussant à prendre ce temps pour moi, elle me poussait aussi dans les bras d’un prince charmant qui m’accueillait de toute sa tendresse. C’est comme si elle m’avait aider à comprendre que ce temps que je prendrais pour moi, me permettrait aussi de tomber en amour avec moi-même, avec une partie de moi que j’ai mis de côté durant trop d’années…Je suis devenu soudainement amoureux de tout ce qui se présentait à moi, même de moi…

Je souhaitais trouver un rayon de soleil à mettre dans mon quotidien et revenir avec.

J’ai trouvé le soleil en entier. J’ai même vu une fleur commencer à naître…

C’est le début d’un temps nouveau…

Stéphane

Liens pour une escapade au Paradis :

www.balnea.ca

www.auberge-georges.com

www.lesdavidetgoliath.com