
Il y a des adieux qui sont faciles. Comme dire bye bye à un vieux sofa défoncé qui grince à chaque fois qu’on s’assoit dessus. Ou encore à un plat de brocoli vapeur qui n’aurait jamais dû exister.
Mais il y a aussi des adieux qu’on ne choisit pas. Ceux que la Vie décide pour nous. Ceux qu’on n’a pas demandés, mais qu’on doit avaler comme une mauvaise pilule sans eau.
Moi, en ce moment, je suis en plein dedans. Ces adieux-là.
Les deuils invisibles
On parle souvent des deuils « officiels » : une personne qu’on perd, un travail qu’on quitte, une maison qu’on vend. Mais il existe aussi d’autres deuils, plus silencieux, plus invisibles, ceux dont on ne fait pas toujours le debrief autour d’un café.
Il y a mes relations amoureuses qui n’ont pas tenu et surtout jamais vu le jour. Mes rêves de carrière d’acteur et de chanteur qui n’ont pas eu l’écho que j’aurais voulu. Le fait de ne pas avoir eu d’enfants, même si je sais que j’aurais eu assez d’histoires et de chansons pour les endormir chaque soir.
Et puis, tous ces rêves laissés de côté… qui me regardent encore du coin de l’œil, comme pour me dire : « Hey, t’avais pas promis de nous réaliser ? »
C’est tout ça que je ressens aujourd’hui. Un beau cocktail d’émotions : nostalgie, tristesse, colère, honte, tendresse, et parfois une pointe de jalousie en regardant la Vie des autres. (Oui, j’avoue, Instagram ne m’aide pas dans ces moments-là.)
L’humour comme bouée de sauvetage
Heureusement, j’ai un réflexe qui me sauve : l’humour. Même dans les adieux.
Parfois, j’ai l’impression que ma Vie ressemble à un mauvais montage de film :
- Mes meilleures scènes ont été coupées (et souvent pour vrai…).
- Mes répliques les plus drôles sont passées sous silence.
- Et le réalisateur est parti prendre un café sans jamais revenir.
Rire de ça, c’est ma façon de ne pas me laisser couler. Parce que si je m’écoutais, je pourrais facilement tomber dans un drame digne de Radio-Canada, avec violons et gros plans en noir et blanc. Et abandonner tous mes rêves pour suivre le courant…Mais je ne suis pas fait comme ça…
Les leçons derrière les au revoir
En même temps, quand je regarde derrière moi, je vois que certains adieux m’ont fait grandir.
La fin de certaines relations, par exemple. Oui, ça a fait mal. Mais ça m’a aussi forcé à me recentrer, à mieux comprendre qui je suis et ce que je veux… et surtout ce que je ne veux plus.
Chaque adieu porte une petite leçon cachée. Elle arrive rarement au moment où on en aurait eu besoin. Mais elle finit par se pointer, un peu en retard, comme une lettre qu’on croyait perdue mais qui finit par nous trouver.
Transformer les adieux en espace de renouveau
Je crois que c’est ça, au fond : dire adieu, même quand on ne veut pas, c’est une façon de faire de la place. De la place pour l’inattendu, pour l’imprévu, pour une nouvelle rencontre, une nouvelle aventure ou un rêve qui n’était pas encore sur le plan.
Alors oui, je fais des adieux à mes amours passées, à mes rêves inachevés, à certains désirs qui ne reviendront pas. Mais en même temps, je garde la conviction qu’il y a encore de belles surprises devant moi.
Et si je me connais bien, je n’ai pas fini d’être surpris par la Vie. Parce qu’elle a ce talent-là : me déstabiliser, me secouer, me rendre inconfortable, me faire sacrer un bon coup… mais aussi m’amener là où je ne pensais pas aller.
Peut-être qu’un jour, je dirai adieu à tous mes adieux. Mais entre-temps, j’apprends à vivre avec eux, à en rire, et à les transformer en tremplins.
👉 Et toi, quels adieux as-tu dû faire sans l’avoir choisi ?
Stéphane Castellon