Notre relation d’avant me manque…

C’est en faisant le ménage que j’ai enfin compris mon inconfort dans mes relations. 

Il n’a suffi que de quelques gouttes de savon, un peu de frottement avec vigueur pour que mon éponge me parle davantage que ma psy et que la saleté fasse place à la clarté.

Je ne suis pas inconfortable dans toutes mes relations. Je le suis avec celles dont la route s’est divisée. Celles qui avaient tant d’importance avant, tant de place dans mon espace vital, tant de Vie dans mon cœur. C’est difficile pour moi de les regarder de loin aujourd’hui. J’avais rencontré des personnes tellement extraordinaires, aimantes, à l’écoute. Présentes. Bienveillantes. Elles me manquent. 

Notre relation d’avant me manque…

J’ai tant aimé les jours où on se regardait dans les yeux pour vrai, qu’on riait, qu’on parlait de toi, de moi, des autres, de cette Vie qui nous faisait vibrer. Nous avions des grands et des petits projets ensemble qui m’ont toujours stimulé. Une marche en forêt, être assis à regarder un spectacle, à ne pas parler, à partager un repas, un café, une bouteille de vin, à chanter ensemble, à jouer de la musique, au théâtre, tout ça devenait un événement pour moi, juste parce que j’aimais être avec toi.

Je m’ennuie de ce que nous partagions avant. 

Nos joies, nos inquiétudes, nos réussites, nos échecs. 

Et nos secrets. 

Puis les jours se sont écoulés et nous avons espacé ces moments si précieux pour moi, comme s’ils n’avaient plus d’importance. Comme s’ils devenaient dérisoires. Comme s’il ne restait rien de ce que nous avions en commun et que notre complicité s’était brisée en deux, sans raison, juste comme ça.

Même le temps nous a joué un tour. Il nous a agacé, sournoisement, sans qu’on s’en rende compte. Il nous a mis à l’épreuve, nous a manqué, nous a fait faux bond, bien souvent. Et notre familiarité, celle qu’on avait créée ensemble, n’est pas passé au travers de ce temps qui nous a manqué si souvent. Mais le temps, qu’est-ce que c’est ? N’est-ce pas plutôt une raison de s’éloigner de l’autre sans dire la vérité ? N’est-ce pas plutôt que les priorités sont ailleurs, loin de cette relation qu’on chérissait tant avant ? Et qu’on n’ose pas dire ?

J’ai placé nos souvenirs dans un coin à oublis parce que je ne peux plus vivre avec. Le temps a fait ses ravages. L’espace entre avant et maintenant a laissé une fissure difficile à traverser pour moi maintenant. 

Je me suis détaché de nous. La sensation d’être abandonné, rejeté, sans importance, est devenue si présente, que de t’oublier est ma seule guérison. J’ai si souvent l’impression que tu penses que je n’existe plus. 

Il ne me reste plus grand-chose de notre relation…peut-être même, plus rien. Sauf quelques odeurs, l’espoir d’un retour, tes yeux, des sons, quelques rires que j’entends encore et des photos que je me plais à regarder parfois.

Tu m’as beaucoup manqué. Avant…

Mais pour moi aussi, les priorités ont changé. Les relations que j’ai en ce moment, celles avec qui je partage ma Vie, nos joies, nos inquiétudes, nos réussites, nos échecs, et nos secrets, sont celles qui rendent davantage les jours heureux, le futur un peu plus certain et le quotidien rempli d’espoir.

Et elles me font reprendre la route, en sachant que peut-être un jour, elle se divisera encore…