Le Grand Ménage

Photo de Vlad Chețan provenant de Pexels

Êtes-vous du genre à aimer faire le ménage du printemps ? 

Avez-vous hâte au mois d’avril et au beau temps qui l’accompagne pour justifier ce grand ménage ? 

Vous regardez peut-être toutes ces choses que vous possédez ou pire, vous pensez à celles que vous ne voyez plus parce qu’elles sont dans des boîtes enfouies sous un amas d’autres boîtes depuis des années, abandonnées dans le garage, le grenier ou une pièce à « débarras » qui ne sert qu’à entasser ces objets inutilisés et vous vous dites : « J’ai trop de choses ! »…

En 2006, j’habitais un bel appartement spacieux, parfaitement divisé pour mes besoins. Un coin bureau, deux belles chambres à l’arrière, une cuisine pouvant recevoir quelques invités, une grande salle de séjour, plusieurs garde-robes et beaucoup d’espace de rangement, des armoires, d’autres armoires et un maudit grand « locker ». Mon pire ennemi ! Je pouvais y entreposer un vélo, l’aspirateur, un surplus de papier hygiénique, des conserves, une mini épicerie en cas de guerre mondiale et des dizaines de boîtes incluant le sapin de Noël et toutes les décorations dont on ne se sert qu’à moitié mais qu’on garde d’une année à l’autre parce que« la tite-boule spéciale, c’est ma sœur qui me l’a donnée »ou « cet ange aux ailes brisées qui me rappelle un moment tendre de mon enfance ». ( !!!)

J’avais aussi plusieurs boîtes à souvenirs qui me séquestraient dans un passé duquel j’essayais de m’enfuir, de vieilles factures, des papiers d’impôts passés date, des photos de gens que j’avais oubliés… 

Ce jour de 2006, j’étais assis sur mon divan. Je regardais la télé que j’ai soudainement éteinte pour faire un scan de mon environnement.Je me suis rapidement senti étouffer et écrasé par tout ce matériel. Les cinq jours qui ont suivi ont servi à faire le vide et à enlever de la lourdeur à ma Vie. Je passais en revue chaque espace,  un à un, chaque tiroir, chaque tablette et je les vidais de leur contenu en me posant toujours la même question : « Est-ce que ça me sert encore ? » Je me suis libéré de tout ce surplus avec fougue et plaisir, un peu d’angoisse et quelques fois, de la peine. Mais quelle libération !

Depuis ce jour, à chaque printemps et aussi à la fin de l’année, je refais cet exercice. Je suis inspiré par plusieurs traditions et rituels d’un peu partout dans le monde concernant la purification de notre environnement. Il y a le Feng Shui qui invite à faire circuler l’énergie et à tout nettoyer avant le nouvel an ou les Danois qui, le 31 décembre, brisent la vaisselle qui a été ébréchée durant l’année avec l’aide de toute la famille pour faire place à la nouveauté.

Selon mes expériences, j’ai réalisé que ce qui est pêle-mêle dans les tiroirs, les penderies remplies de vêtements qu’on ne porte plus, les boîtes contenant des souvenirs, des cartes de souhaits dont on a oublié la provenance et le trop plein qu’on cache sous le lit ou dans le sous-sol, tout ça laisse traîner dans les recoins de notre esprit, de la poussière de souffrance, des fils d’araignées qui nous tiennent prisonniers de nous-mêmes, des odeurs qui nous rendent malades et des « bibittes » desquelles on veut se libérer. Mais on s’acharne à tout garder par peur du changement, peur d’oublier, peur, justement, d’être libre.

Je vous invite à tenter l’expérience de vous défaire d’un seul objet difficile à laisser partir mais dont vous ne vous servez plus. Je vous mets au défi d’ouvrir un seul tiroir, d’en faire l’inventaire et de vous départir de ce qui est maintenant inutile.  Vous verrez comment vous vous sentirez après que ce tiroir, cette armoire ait commencé à respirer. Je soupçonne que même votre souffle sera plus profond.

À ce jour, j’ai des tiroirs vides, de l’espace inoccupé sur des tablettes dans un petit « locker » qui me met chaque jour au défi parce tout ce dont je n’arrive pas à me débarrasser s’y entasse pendant un certain temps : amertume, colère, tristesse, souvenirs, boîtes de carton…

Mais les tiroirs vides, eux, respirent, s’amusent et s’éclatent de plaisir tant la liberté est grande…Tout comme mon esprit qui reprend son souffle, le temps que le « locker » soit trop plein de nouveau…et que le printemps revienne.

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