J’ai un petit cancer et il est devenu mon Grand Ami

CUBA

Le 3 février 2020, quand le dermatologue m’a dit : « C’est un cancer de la peau ! », la première chose qui est monté en moi, c’est : « Tu dois prendre soin de toi, avoir plus de bienveillance pour toi et t’aimer davantage… ! ».  Et je suis allé attendre avec ma jaquette bleue, allongé sur une table trop froide et trop petite pour qu’on m’enlève cette tache qui inquiétait davantage mes proches que moi-même. Je respirais fort mais avec confiance et courage me disant qu’il y a pire…Que j’ai vu pire.

Au moment d’écrire ces lignes, je ne sais pas si ce que j’ai est quelque chose entre le carcinome basocellulaire ou spinocellulaire ou un mélanome malin (lui, y est pas gentil !). Peu importe ce qu’il en sera, c’est la première fois que je me sens confronté ainsi et que je pense à mon départ, mais surtout, SURTOUT, à ma présence et l’importance que j’ai oublié de lui accorder depuis des années. Il me semble que tout a une couleur différente, que le temps passé avec quelqu’un est plus savoureux, que la nourriture a meilleur goût, que la Vie est plus simple. Dans le livre « Le grand dictionnaire des malaises et maladies » dans lequel on explique le lien entre la maladie et ce qui se passe en nous, psychologiquement, il est dit que toute forme de cancer que le corps nous envoie est pour nous rappeler l’importance de nous aimer et de nous accepter tel que nous sommes. Mes premières réactions s’avèrent donc bonnes.

Depuis cette journée, quelque chose a ralenti en moi. Il y a comme un calme qui s’est installé, un grand lâcher-prise et un besoin intense de juste VIVRE avec tous mes désirs qui entourent cette Vie magnifique. Je réalise que j’ai eu une enfance et une adolescence magiques (merci à mes parents !) parsemées de soucis et de questionnements qui ont fait de moi l’homme hyper-sensible que je suis devenu et que j’aime être. J’aime l’enfant que j’ai été et qui est encore le même : tourné vers les autres et avec ce besoin très fort de rendre leur Vie belle et magique. Mais c’est peut-être à mon tour maintenant ?

Mon petit bobo, je l’ai nommé Le Sauveur. Il me parle fort, comme un ami le ferait. Il me fait comprendre que je n’étais pas toujours au bon endroit dans ma tête ni dans mon cœur. Que l’amour que je vouais tant aux autres, à leur personnalité, à leurs talents, à leur corps, je dois maintenant tourner tout ça vers moi. J’ai beaucoup donné aux autres et peu à moi-même. Je continuerai de donner, mais autrement…

Merci à ceux et celles qui sont là, toujours. Je parle surtout de présence physique, évidemment, parce que c’est surtout de ça dont j’ai besoin le plus et je peux enfin l’affirmer sans gêne…hahahah !

La Vie suit son cours. Je suis un homme courageux, intelligent émotionnellement et doté d’un bon sens de l’humour…Ça devrait être la recette gagnante.

MERCI LA VIE !

Stéphane Castellon

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